DE ETHICA NATURALIUM CIRCUMIECTORUM SIVE DE NECESSARIA ELECTIONE CUIUSDAM NOVAE HOMINIS ET HUMANITATIS VISIONIS

ÉTHIQUES DE L’ENVIRONNEMENT : LE CHOIX NÉCESSAIRE D'UNE NOUVELLE VISION DE L'HOMME


SUMMARIUM (Latine)

In prima parte, omnes significationes huius Francogallicae locutionis « Éthiques de l’environnement » (Latine « ethica naturalium circumiectorum » sive « oecologia profunda », Anglice autem « environmental ethics », « ethics of respect for Nature », cet.) explicamus, memoriae reducens in quo philosophice differant tum ethica (« l‘éthique ») et moralia (« la morale »), tum « naturalia circumiecta » (notio moderna) et « natura » (notio antiqua). Etenim significationes praedictae locutionis clariores fiunt cum referantur ad modernam visionem quam homines (praecipue in Occidentalibus nationibus) de naturali mundo habeant, peculiariter eam caesuram quam sponte imponant inter homines ac cetera. Multae sunt mores et philosophiae quae proveniunt ex illa recentiore rerum visione, nec ipsa sibi conscia esse solet. Hic utimur Brunonis Latour Philippique Descola operibus ac notionibus ut id demonstremus quod hodie eligendum sit inter duas et hominis et naturae visiones : altera est nostra in Occidentalibus nationibus, altera nova est – fortasse aliqua synthesis huius rerum videndarum modi quem Philippus Descola naturalismum vocat ceterorumque modorum quibus homines in ipsa Europa anterioribus aevis aut in aliis hodie terris mundum intellexerint aut intelligant (praesertim illum videndi modum quem idem anthropologus analogismum vocat in animo habemus).  

His praeluminatis, arguimus contra Ioannem Ionas, Ioannem Petrum Dupuy vel etiam Pauli W. Taylor (ne ad puellam nomine Gretam Thunberg, famosam activistam, alludamus) non fieri posse ut tralaticiam visionem nostram et mores subsequentes commutemus nitendo tantum in talibus abstractis notionibus qualis est illa « imminens oecologica apocalypsis » aut quodlibet imperativum morale erga pueros nostros aut non humana animalia. Nam humana mens (hoc est unum inter alia argumenta in politica, oeconomica, morali vel epistemologica scientia reperienda) ipsa vult homines eas rerum commutationes eligere et intendere quae eos statim beatiores faciant (ut Benedictus de Spinoza monstravit). Si minus, non de ethica sed de morali doctrina tunc loquendum est. Itaque in concludendo profitemur Aldi Leopoldo doctrinam Ioannis Ionas thesi longe praeferendam, id est sensum gratiarum erga vitam atque rerum amorem pavori et  imperio – quaequae hominibus eventura sint.  

= > NEXUS AD SYMBOLUM (FRANCOGALLICE COMPOSITUM)


RÉSUMÉ en français

En analysant d’abord le choix de l’expression devenue courante en philosophie « éthiques de l’environnement », nous rappelons la différence philosophique entre d’un côté l’éthique (au sens aristotélicien du terme) et la morale (au sens kantien du terme), et d’un autre côté le concept moderne d’environnement et l’ancien concept de nature. Nous montrons ainsi les implications de l’expression « éthiques de l’environnement » par rapport au point de vue moderne (principalement occidental) sur la nature, la césure cartésienne entre l’humain et le non-humain, et les attitudes et les philosophies qui dérivent de ce point de vue moderne largement inconscient. Ici nous nous appuyons sur les travaux et les concepts de Bruno Latour et de Philippe Descola, pour défendre l’idée d’un choix nécessaire entre deux visions de l’homme et de la nature : la vision moderne et une nouvelle vision (peut-être une synthèse inédite de ce que Descola appelle le naturalisme et des ontologies plus anciennes, principalement celle qu’il appelle l’analogisme).  

Après ces remarques préliminaires, nous soutenons l’idée, contre Hans Jonas, Jean-Pierre Dupuy ou même Paul W. Taylor (sans parler de la jeune et populaire activiste Greta Thunberg), que le changement de notre manière de voir et d’agir ne peut reposer seulement sur des abstractions comme « le désastre écologique à venir », ou notre responsabilité vis-à-vis de nos enfants ou des êtres vivants non-humains. La psychologie humaine (parmi d’autres arguments, politiques, économiques, moraux, épistémologiques) tend à montrer que l’homme peut choisir et vouloir un tel changement si celui-ci le rend plus heureux dans l’instant présent (comme Spinoza l’a expliqué). Sinon nous devons parler d’une morale et non pas d’une éthique de l’environnement. Voilà pourquoi je conclus en arguant de la supériorité éthique et philosophique des idées d’Aldo Leopold sur celles de Hans Jonas, autrement dit de la supériorité de la reconnaissance (envers la nature) et de l’amour, sur la peur et la puissance – quel que soit l’avenir.  

= > LIEN VERS L’ARTICLE (ÉCRIT EN FRANÇAIS)